Écrivaine conseillère

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Usito, ou Le parfait dictionnaire pour consultation rapide !

Qu’est-ce qu’Usito ? C’est le premier dictionnaire électronique à décrire le français standard en usage au Québec tout en faisant le pont avec le reste de la francophonie, nous annonce un article du site web de l’Université. Et c’est exactement ce qui me plaît dans cet outil fort pratique, soit le fait de coller à la réalité de la langue de notre belle province, d’en préciser les nuances et de nous renseigner aux passages sur les anglicismes.

C’est lors de mon retour sur le banc d’école pour quelques cours de perfectionnements, à l’automne 2018, que j’ai découvert ce dictionnaire en ligne créé par des profs de l’Université de Sherbrooke. S’il était possible à la communauté de l’UdeS d’en user gratuitement, il fallait, pour tout autre personne, payer un abonnement annuel à l’époque. Toutefois, il est maintenant accessible à tous sans frais supplémentaire depuis octobre 2019. Et on serait bien fous de s’en passer…

Envie d’essayer ? Juste à cliquer sur le logo, ci-haut, et le tour est joué. Désormais, vous n’avez plus d’excuses pour ne pas vérifier comment s’écrit un mot, ce qu’il veut réellement dire ou s’il est d’usage commun ici. De quoi donner moins de maux de tête à la directrice littéraire que je suis (sourire en coin) !

Parce qu’il est temps…

Comme vous l’avez sûrement remarqué, je ne suis pas la personne la plus assidue ici. Je suis un peu intense dans la vie, alors j’ai toujours dix mille projets à la fois et j’en délaisse à intervalles réguliers pour mieux y revenir, à intervalles très irréguliers. Mais comme la direction littéraire de manuscrits a pris de plus en plus de place dans mon quotidien au cours des deux dernières années (à preuve, voyez l’onglet » J’ai travaillé sur »), je me suis dit qu’il était temps que j’alimente un peu ce site tout en y donnant des trucs et des conseils. Pour m’inspirer, je vais puiser dans les nombreux récits lus dans le cadre de mon travail ; j’ai pris des notes sur une multitudes de sujets. Ce soir, je vous en présente un premier, que j’étofferai au fil du temps. De quoi s’agit-il ?…

Des synonymes qui n’en sont pas !

Il y en a deux catégories. La première, c’est celle du « Oui, c’est un synonyme, mais pas dans ce contexte-là ! » Je ne compte plus les fois où j’ai dû écrire en commentaires à un auteur.e que tel ou tel mot ne voulait pas du tout dire ce qu’il croyait que ça voulait dire dans ce contexte précis, et ce, même si c’était un synonyme possible dans la source consultée par ledit auteur. Souvent, ça ajoutait même une certaine confusion dans le récit. Voyez-vous, on ne peut pas simplement ouvrir le dictionnaire des synonymes et piger dans la liste proposé ! (sourire en coin) Il faut bien comprendre les termes également, et peser le pour et le contre au moment de les utiliser. En second, il y a ces mots que l’on s’imagine synonymes l’un de l’autre, même si aucune source ne l’atteste. Des mots qui ne veulent pas du tout dire la même chose tout court. Souvent, on les a entendus dans des contextes similaires et on les a ensuite associés l’un à l’autre sans se poser davantage de questions ! Mmmmm. À ne surtout pas faire. Vous croyez quelque chose, mais n’êtes pas prêt à parier votre chemise que c’est vrai ? Alors vérifiez ! Ça ne coûte pas cher, ça instruit (parce que vous avez plus de chances de vous en souvenir ensuite) et ça vous évite un tas de remaniements de texte désagréables et chronophages quand vient le temps de retravailler un manuscrit.

Pourquoi désagréables et chronophages ? Parce que, souvent, si le synonyme choisit ne fonctionne pas, il y a de fortes chances qu’il n’y ait tout simplement PAS de synonymes possibles. La seule solution est donc de reformuler pour éviter d’avoir à en utiliser un. Et ça demande pas mal plus d’énergie de se creuser les méninges pour réécrire un bout de texte qu’on croyait bien fignolé que de simplement ouvrir un dictionnaire dès le départ et écrire ensuite en conséquences. Après avoir tout donné pour écrire une histoire dont vous serez fier, vous trouverez sûrement plus important et intéressant de peaufiner votre création que de perdre un temps précieux à ajuster trois-quatre phrases qui ne s’intègrent plus aussi bien à cause d’un problème de synonymes ! Non ?

Maintenant, prêt à découvrir un de mes préférés ?

Voici un premier cas où on ne parle pas du tout de la même chose : la paille et le foin. Je vous explique la différence, ce sera plus simple ensuite de vous y retrouver.

La paille, c’est le résidus de la récolte des divers types de céréales comme l’avoine, l’orge et le blé. Une fois que les plants sont passés dans la moissonneuse-batteuse, les grains sont séparés de la paille, qui est ensuite rejetée pour être pressée, la plupart du temps, en petites balles rectangulaires. La paille, c’est donc la tige des plants, une tige vide, d’où son nom. Elle est jaune, ce qui a d’ailleurs donné l’adjectif de couleur jaune paille. Elle est bien connue du grand public pour son utilisation dans les montages décoratifs pour Halloween et le rembourrage des épouvantails de dessins animés (pratiquement plus personne n’a d’épouvantail fait mains dans son potager ! ) On s’en sert aussi, depuis de nombreuses années, comme isolant écologique. Dans les fermes, la paille est surtout appréciée comme litière pour les animaux. Elle ne sert en aucun cas de nourriture.

Le foin, quand à lui, c’est l’ensemble des graminées que l’on coupe, puis que l’on fait bien sécher (ou non), avant de les récolter sous forme de petites balles rectangulaires ou de grosses balles rondes. C’est un incontournable dans l’alimentation des ruminants. Sa couleur se décline en une large gamme de verts et sa composition est toujours un amalgame de plusieurs plantes différentes. On peut d’ailleurs procéder à sa coupe dès le mois de juin alors que la paille ne se récolte qu’à l’automne, quand les céréales sont mûres.

Je vous quitte là-dessus, et vous mets au défi de ne pas avoir une petite pensée pour moi la prochaine fois que vous devrez utiliser l’un ou l’autre de ces deux mots!

© 2020 Elisabeth Tremblay

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