Écrivaine conseillère

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Le Décalogue de Knox

Si vous me suivez via Goodreads, vous savez déjà que j’ai toujours plusieurs livres en cours de lecture. Hier, pour la recherche sur mon prochain roman, j’ai commencé « A comme arsenic », un bouquin sur les poisons utilisés par Agatha Christie dans ses nombreux romans. Dans l’introduction, on y parle du Décalogue de Knox. Knox est un auteur de roman policier de la même époque que Christie, cette époque qu’on a surnommé « L’âge d’or du roman policier ». Dans ledit décalogue, il énumère les dix règles qu’il considère comme essentielles à respecter pour écrire un bon roman policier. À la page 15, cela va comme suit:

1*Le criminel doit être quelqu’un de mentionné plus tôt dans l’histoire, mais pas quelqu’un dont le lecteur a pu suivre les pensées.

2*Le détective ne doit pas utiliser de techniques surnaturelles pour résoudre une affaire.

3*L’usage de plus d’une pièce ou d’un passage secret ne saurait être toléré.

4*Des poisons inconnus ne peuvent être utilisés, ni aucune machine, de telle sorte que le lecteur ne soit pas embarrassé par une longue explication scientifique en conclusion.

5*Aucun Chinois ne doit figurer dans l’histoire.

6*Aucun événement fortuit ne doit aider le détective, De même, on ne doit avoir recours à aucune intuition divine inexplicable. Toutes ses intuitions doivent avoir une origine et se confirmer par la suite.

7*Le détective ne doit pas commettre lui-même le crime.

8*Le détective ne doit pas utiliser les indices qui n’ont pas été présentés au lecteur pour résoudre l’affaire.

9*Le stupide ami du détective, le Watson, ne doit pas dissimuler aucune des pensées qui lui traversent l’esprit ; son intelligence doit être légèrement, très légèrement au-dessous de celle du lecteur moyen.

10*Il ne doit être fait usage de frères jumeaux ou de sosies en général, à moins que nous y soyons dûment préparés.

Au delà du fait qu’Agatha Christie, de même que nombre d’auteurs depuis, a transgressé à peu près toutes ses règles dans un roman ou un autre, il y a la question qu’on ne peut éviter de se poser à la lecture: mais qu’est-ce que la numéro 5 vient faire là ? Vous avez une réponse, vous ? Si oui, je suis fort curieuse de la connaître…

Résolutions 2021

Ah, mais ça commence bien mal, alors que je n’ai même pas publié de billet le premier jour de l’année… (sourire en coin). En fait, j’ai, comme à l’habitude, dressé une (très looooongue) liste de ce que j’aimerais réaliser pour 2021. Liste à laquelle j’ajouterai nombre de lignes au cours des 10 prochains jours. Je me connais, alors je me laisse une période de jeu pour l’étoffer. J’ignore si j’en arriverai au bout, ou ne serait-ce qu’à la demie, ou même au quart, mais j’aime quand même effectuer cet exercice chaque année. Parce qu’il me démontre que j’ai encore un nombre assez impressionnant de rêves à réaliser, des projets à la pelle et de grandes ambitions, en dépit du temps limité dont je dispose au final pour l’ensemble.

Est-ce qu’il y a, sur cette liste, des trucs plus importants que d’autres ? Oui, bien sûr. Une poignée qui me tient davantage à cœur et dont je vais vous reparler pendant l’année, quand je me sentirai suffisamment en selle pour annoncer que je peux rayer une ligne de ma fameuse liste.

Sans surprise, ce blog et mon site Internet en font partie. Et je le dis tout de suite, dans l’espoir que ça m’obligera à me botter le derrière pour le garder à jour comme il se doit. Difficile de trouver de la clientèle au privé pour du coaching sinon… 😉

Et vous, vous avez des projets d’écriture ? D’art ? De carrière ? Vous avez pris de grandes résolutions, de toutes petites ou aucune ? Vous pouvez en laisser une trace ici, si ça vous tente… pour qu’on s’en reparle à l’aube de 2022. Qu’on réussisse ou pas, l’important sera toujours d’avoir au moins essayé… ! Bonne année 2021 !

Annoncer un « punch »…

En lisant un roman policier cette semaine, j’ai « accroché » sur une phrase d’un genre que je n’apprécie pas particulièrement : l’annonce d’un punch à venir. Je ne suis pas friande de ces annonces que plusieurs auteur.e.s semblent croire nécessaires à la conduite d’une histoire. Je vous donne un exemple de ce dont je parle :

« C‘était celui qui s’appelait Eivind qui lui avait dit ça et, malheureusement, ce fut lui qui eut à regretter ses paroles ensuite. » (L’effet papillon, Jussi Adler Olsen)

J’ai tendance à rayer d’emblée ses phrases dans les romans que je « coache » puisque je les juge inutiles. Surtout pour annoncer quelque chose qui se produit assez souvent à l’intérieur des deux ou trois chapitres suivants. Est-ce par crainte de ne pouvoir soutenir l’attention du lectorat jusqu’à l’instant fatidique que les auteur.e.s se servent de cette technique ? J’avoue que je ne comprends pas trop alors… dites-moi donc ce que vous en pensez. Peut-être que ça m’éclairera.

Série synonymes

Dans cette série, je vous donne des mots que je croise au fil de la lecture des textes sur lesquels je travaille et qui sont utilisés comme synonymes l’un de l’autre alors qu’ils n’en sont pas.

Deux p’tits nouveaux dans cette série, cette semaine, soit les comprimés et les gélules. Selon le Petit Robert, les premiers sont des pastilles pharmaceutiques faites de poudre compressée alors que les secondes sont des capsules de gélatine dures, formées de deux parties emboîtées l’une dans l’autre, contenant des substances médicamenteuses. Non seulement on comprend que ce n’est pas la même apparence ni la même texture, mais il faut aussi savoir que la vitesse d’action ou d’absorption ne sera pas la même pour le corps humain. Dépendamment de ce que vous écrivez, ça peut faire une réelle différence !

Usito, ou Le parfait dictionnaire pour consultation rapide !

Qu’est-ce qu’Usito ? C’est le premier dictionnaire électronique à décrire le français standard en usage au Québec tout en faisant le pont avec le reste de la francophonie, nous annonce un article du site web de l’Université. Et c’est exactement ce qui me plaît dans cet outil fort pratique, soit le fait de coller à la réalité de la langue de notre belle province, d’en préciser les nuances et de nous renseigner aux passages sur les anglicismes.

C’est lors de mon retour sur le banc d’école pour quelques cours de perfectionnements, à l’automne 2018, que j’ai découvert ce dictionnaire en ligne créé par des profs de l’Université de Sherbrooke. S’il était possible à la communauté de l’UdeS d’en user gratuitement, il fallait, pour tout autre personne, payer un abonnement annuel à l’époque. Toutefois, il est maintenant accessible à tous sans frais supplémentaire depuis octobre 2019. Et on serait bien fous de s’en passer…

Envie d’essayer ? Juste à cliquer sur le logo, ci-haut, et le tour est joué. Désormais, vous n’avez plus d’excuses pour ne pas vérifier comment s’écrit un mot, ce qu’il veut réellement dire ou s’il est d’usage commun ici. De quoi donner moins de maux de tête à la directrice littéraire que je suis (sourire en coin) !

Parce qu’il est temps…

Comme vous l’avez sûrement remarqué, je ne suis pas la personne la plus assidue ici. Je suis un peu intense dans la vie, alors j’ai toujours dix mille projets à la fois et j’en délaisse à intervalles réguliers pour mieux y revenir, à intervalles très irréguliers. Mais comme la direction littéraire de manuscrits a pris de plus en plus de place dans mon quotidien au cours des deux dernières années (à preuve, voyez l’onglet » J’ai travaillé sur »), je me suis dit qu’il était temps que j’alimente un peu ce site tout en y donnant des trucs et des conseils. Pour m’inspirer, je vais puiser dans les nombreux récits lus dans le cadre de mon travail ; j’ai pris des notes sur une multitudes de sujets. Ce soir, je vous en présente un premier, que j’étofferai au fil du temps. De quoi s’agit-il ?…

Des synonymes qui n’en sont pas !

Il y en a deux catégories. La première, c’est celle du « Oui, c’est un synonyme, mais pas dans ce contexte-là ! » Je ne compte plus les fois où j’ai dû écrire en commentaires à un auteur.e que tel ou tel mot ne voulait pas du tout dire ce qu’il croyait que ça voulait dire dans ce contexte précis, et ce, même si c’était un synonyme possible dans la source consultée par ledit auteur. Souvent, ça ajoutait même une certaine confusion dans le récit. Voyez-vous, on ne peut pas simplement ouvrir le dictionnaire des synonymes et piger dans la liste proposé ! (sourire en coin) Il faut bien comprendre les termes également, et peser le pour et le contre au moment de les utiliser. En second, il y a ces mots que l’on s’imagine synonymes l’un de l’autre, même si aucune source ne l’atteste. Des mots qui ne veulent pas du tout dire la même chose tout court. Souvent, on les a entendus dans des contextes similaires et on les a ensuite associés l’un à l’autre sans se poser davantage de questions ! Mmmmm. À ne surtout pas faire. Vous croyez quelque chose, mais n’êtes pas prêt à parier votre chemise que c’est vrai ? Alors vérifiez ! Ça ne coûte pas cher, ça instruit (parce que vous avez plus de chances de vous en souvenir ensuite) et ça vous évite un tas de remaniements de texte désagréables et chronophages quand vient le temps de retravailler un manuscrit.

Pourquoi désagréables et chronophages ? Parce que, souvent, si le synonyme choisit ne fonctionne pas, il y a de fortes chances qu’il n’y ait tout simplement PAS de synonymes possibles. La seule solution est donc de reformuler pour éviter d’avoir à en utiliser un. Et ça demande pas mal plus d’énergie de se creuser les méninges pour réécrire un bout de texte qu’on croyait bien fignolé que de simplement ouvrir un dictionnaire dès le départ et écrire ensuite en conséquences. Après avoir tout donné pour écrire une histoire dont vous serez fier, vous trouverez sûrement plus important et intéressant de peaufiner votre création que de perdre un temps précieux à ajuster trois-quatre phrases qui ne s’intègrent plus aussi bien à cause d’un problème de synonymes ! Non ?

Maintenant, prêt à découvrir un de mes préférés ?

Voici un premier cas où on ne parle pas du tout de la même chose : la paille et le foin. Je vous explique la différence, ce sera plus simple ensuite de vous y retrouver.

La paille, c’est le résidus de la récolte des divers types de céréales comme l’avoine, l’orge et le blé. Une fois que les plants sont passés dans la moissonneuse-batteuse, les grains sont séparés de la paille, qui est ensuite rejetée pour être pressée, la plupart du temps, en petites balles rectangulaires. La paille, c’est donc la tige des plants, une tige vide, d’où son nom. Elle est jaune, ce qui a d’ailleurs donné l’adjectif de couleur jaune paille. Elle est bien connue du grand public pour son utilisation dans les montages décoratifs pour Halloween et le rembourrage des épouvantails de dessins animés (pratiquement plus personne n’a d’épouvantail fait mains dans son potager ! ) On s’en sert aussi, depuis de nombreuses années, comme isolant écologique. Dans les fermes, la paille est surtout appréciée comme litière pour les animaux. Elle ne sert en aucun cas de nourriture.

Le foin, quand à lui, c’est l’ensemble des graminées que l’on coupe, puis que l’on fait bien sécher (ou non), avant de les récolter sous forme de petites balles rectangulaires ou de grosses balles rondes. C’est un incontournable dans l’alimentation des ruminants. Sa couleur se décline en une large gamme de verts et sa composition est toujours un amalgame de plusieurs plantes différentes. On peut d’ailleurs procéder à sa coupe dès le mois de juin alors que la paille ne se récolte qu’à l’automne, quand les céréales sont mûres.

Je vous quitte là-dessus, et vous mets au défi de ne pas avoir une petite pensée pour moi la prochaine fois que vous devrez utiliser l’un ou l’autre de ces deux mots!

© 2021 Elisabeth Tremblay

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